Dans cette campagne électorale, on parle beaucoup des faits divers mais assez peu du fond, des projets, du bilan, des discours, ... Hier soir, François Hollande parlait de la nation, à Lyon. Après cinq ans de débats délirants, poussant les nationalismes dans tous les coins, j'ai voulu lire ce discours, voir la France apaisée par François Hollande.
Je reprends des larges extraits en fin de billet.
Cette campagne est lourdingue. La presse fait sa une sur les bisbilles de Bayonne. D'ailleurs, mon confrère Yann revient sur le sujet. Selon lui, tout cela serait une manipulation de l’UMP pour donner à Nicolas Sarkozy le rôle d’une victime et détourner l’attention du public sur les choses qui importent : le bilan du Président sortant et le programme des candidats, les messages qu’ils veulent faire passer.
Je reprends des larges extraits en fin de billet.
Cette campagne est lourdingue. La presse fait sa une sur les bisbilles de Bayonne. D'ailleurs, mon confrère Yann revient sur le sujet. Selon lui, tout cela serait une manipulation de l’UMP pour donner à Nicolas Sarkozy le rôle d’une victime et détourner l’attention du public sur les choses qui importent : le bilan du Président sortant et le programme des candidats, les messages qu’ils veulent faire passer.
Cette semaine, on a parlé d’une taxation des très hauts
revenus (la polémique est surréaliste tant les revenus concernés sont énormes,
d’autant que très peu de français sont concernés) annoncée par François
Hollande, ce qui, à mon avis, fut un superbe coup politique, obligeant Nicolas
Sarkozy, celui qui voudrait être le candidat du peuple, à défendre le candidat
des riches.
Du discours de François Hollande, à Lyon, patelin de mes copains Minijupe, Sasa, Trublyonne, Bembelly, Marco, Romain et Vallenain, hier la presse n’en reprend que les parties consacrées ses bricoles.
Pourtant, il a dit plein de choses, François Hollande !
« Mes chers amis, merci
d’abord pour votre engagement, merci pour votre enthousiasme, merci pour votre
envie que vous donnez à d’autres ! Merci pour votre espérance qui doit être
celle du changement : du changement de président, du changement de politique,
du changement de destin pour notre pays. »
Ah ! Oui ! Le changement, c’est maintenant. Cela
dit, je vais abréger. Vous pouvez aller lire le discours aussi.
« L’enjeu de l’élection
présidentielle, c’est la France, c’est sa place dans le monde, c’est son rôle
en Europe, c’est la solidité de son économie, c’est l’efficacité de son modèle
social, c’est l’avenir de la promesse républicaine, c’est la dynamique de ses
territoires. C’est le sort de la jeunesse, de la génération qui vient, qui
attend, qui demande et qui revendique sa place, et à laquelle nous devons faire
droit.
Or la France a été affaiblie
depuis 5 ans. Elle a été affaiblie parce qu’elle travaille moins et que le
chômage atteint près de 10 % de la population active. La France, notre France,
a été affaiblie parce qu’elle produit moins. L’industrie a perdu durant le
quinquennat qui s’achève près de 400 000 emplois. La France, notre France, a
été affaiblie parce que, hélas, elle exporte moins et importe davantage comme
en atteste le déficit de notre commerce extérieur de plus de 70 milliards
d’euros. »
Le changement, c’est urgent.
« La France, notre France, a
été affaiblie parce que les impôts se sont multipliés : pas moins de 40 taxes
supplémentaires se sont abattues sur les Français. Les prélèvements les plus
injustes ont été relevés, et la TVA en a été la dernière illustration. »
Et paf !
« Mais la France, notre
France, a été affaiblie parce que les piliers de la République ont été abîmés :
la justice fiscale, avec les faveurs qui ont été accordées aux plus fortunés ;
la solidarité nationale, avec la mise en cause insidieuse de l’accès aux soins
pour tous les Français, et le sort qui a été fait à l’hôpital public. Et parce
que l’école, l’école de la République, a été la grande victime d’une austérité
budgétaire aveugle : près de 80 000 postes ont été supprimés depuis 5 ans dans
les territoires ruraux, dans les quartiers de nos villes, dans ces filières qui
venaient en appui pour les élèves les plus fragiles, les plus vulnérables, les
plus en difficulté. »
Ouais…
« Le sens d’un mandat
présidentiel est de faire de la France un exemple. Or elle ne l’est plus
aujourd’hui. »
Non…
« La France a été affaiblie
parce qu’elle s’est divisée, parce qu’elle a été désunie, ou plutôt parce que
ceux qui avaient la charge de la conduire ont préféré la diviser. Cette
décision, c’est le résultat d’une méthode. Cette méthode consiste à monter les
Français les uns contre les autres : les chômeurs contre les travailleurs ; les
salariés du privé contre les salariés du public ; les plus vieux contre les
plus jeunes ; ceux qui ont commencé tôt à travailler par rapport à ceux qui ont
fait de longues études ; les Français de longue date contre les Français les
plus récents. Cette méthode consiste toujours à s’en prendre aux plus faibles
pour mieux protéger les plus puissants. Cette méthode consiste à exacerber les
problèmes plutôt que de trouver les solutions. »
Tiens ! Il devrait tenir un blog politique…
« D’ailleurs, où est le
projet du candidat sortant ? »
Hé ho ! Faudrait pas en demander trop, non plus…
« En même temps, je le
connais : son projet, c’est son bilan ! »
Ah ben voila.
« Mon projet est celui de la
France des citoyens, pas celle des privilégiés : privilège de l’argent,
privilège de la naissance, privilège de la rente, privilège du pouvoir,
privilège de la confusion des genres, privilège de la connivence. Ces
privilèges, loin d’être réduits, reniés, ont été abusivement servis depuis 5
ans. »
C’est méchant, ça…
Très de méchanceté de ma part, d’ailleurs. Je vais arrêté d'interrompre le chef...
« Nous aimons la France, et
je ne dirai jamais à un de mes concitoyens qu’il aime la France moins que moi.
Nous l’aimons tous, parce que nous voulons la servir dans le respect de ce
qu’elle est et de ce qu’elle doit être : la France dans la République, la
France dans la justice, la France dans l’espérance.
Nous avons, parce que nous sommes
dans un contexte exceptionnellement difficile, à redresser notre pays. Le
redressement sera d’abord économique, industriel. C’est le sens du pacte
productif que j’ai proposé aux Français. La croissance, l’emploi, l’entreprise
seront mes priorités. Et ce redressement, celui de notre économie, de nos
comptes publics, ne pourra se faire que dans la justice et la cohésion. La
cohésion.
La cohésion !
La cohésion, c’est ce qui nous
permettra de gagner les défis qui nous attendent. La cohésion, c’est le pacte
social passé entre tous les citoyens. La cohésion d’une nation, c’est ce
sentiment d’appartenir à une même société, de vivre dans un même monde, d’obéir
aux mêmes règles, de partager une même communauté de destins. La cohésion,
c’est avoir la conviction que celui qui est tout en haut de l’échelle sociale
partage une chose invisible, mais si précieuse, avec celui qui n’a pas eu la
chance de réussir. Cette chose qui s’appelle la solidarité !
La cohésion d’une nation, c’est
offrir la même fierté d’être français à tous les citoyens : où qu’ils soient
nés, quels que soient leur quartier, leur village, leur parcours, leur couleur
de peau. La cohésion d’une nation, la nôtre, c’est de se retrouver autour de
règles communes, de pouvoir être libre dans le respect de la conscience de
chacun, mais aussi dans le respect des libertés des autres. Cela s’appelle tout
simplement la laïcité, la cohésion d’une nation ! »
« C’est Jaurès qui disait
que le patriotisme c’était d’aimer les autres – et que le nationalisme, c’était
de se méfier des autres.
Le patriotisme, c’est de
considérer que pour une grande nation comme la nôtre, nous devons toujours
montrer l’exemple. Nous devons toujours regarder l’intérêt général, la primauté
des principes sur nos situations. Je salue le patriotisme de celles et ceux qui
servent la France sur des théâtres d’opérations difficiles et qui mettent
parfois en péril leur existence même. Je salue le patriotisme de celles et ceux
qui par leur talent, que ce soit pour la culture ou pour le sport, représentent
notre pays. Je salue le patriotisme de tous ces anonymes qui vibrent quand
retentit l’hymne national – parce qu’il rappelle les combats pour la liberté.
Je salue le patriotisme des ouvriers de la sidérurgie qui aujourd’hui se
battent pour garder leur outil de travail au nom de notre pays. Je salue le
patriotisme des professions de santé qui permettent à chacun d’être soigné dans
des conditions dignes. Je salue le patriotisme des chercheurs qui par la
qualité de leurs travaux nous permettent de vivre mieux. Je salue le
patriotisme des fonctionnaires qui se dévouent pour le service public. Je salue
le patriotisme des entrepreneurs qui créent de la richesse, du travail pour les
autres. Et je salue le patriotisme des jeunes qui veulent s’engager pour l’humanité
! »
Comme je dis toujours : un autre monde est possible.
RépondreSupprimerHélas.
Ca s'arrose.
Supprimerbon début.... de mise en bière
RépondreSupprimer« Son projet, c'est son bilan » : quand même, il pourrait me faire un lien le François.
RépondreSupprimerL'andouille.
SupprimerCela fait du bien aussi sur le plan de forme de renouer avec un orateur.
RépondreSupprimerJe suis enthousiaste!
Sur le fond, n'en parlons pas: lorsque je pense au honteux karcher.., à la racaille..., sur le plan de la dignité, et c'est peut-être l'essentiel, sans préjuger du futur, je me sens rasséréné.
Oui, il y a une belle différence.
SupprimerJ'ai écouté une partie du discours de François Hollande, on y trouve du fond, des idées, le tout dit avec un langage compréhensible de tous sans pour autant donner dans le langage familier voire grossier.
RépondreSupprimerCa fait du bien de retrouver la langue française entre autres sans les accents de populisme.
Par ailleurs, même si la presse fait des choux gras des incidents de Bayonne qui ne sont que des incidents, il est intéressant de remarquer la différence entre N. Sarkozy quand il se fait chahuter et huer et F. Hollande quand il se fait enfariner ...
Vive lui !
Supprimer« C’est Jaurès qui disait que le patriotisme c’était d’aimer les autres – et que le nationalisme, c’était de se méfier des autres.
RépondreSupprimerOui, bien trouvé !
Arg. Je t'ai oublié.
RépondreSupprimerJ'ai aimé son insistance sur " La France, Notre France"...
RépondreSupprimerOui, c'est beau...
SupprimerComme ça fait plaisir d'entendre un candidat civilisé... On avait presque perdu l'habitude, pendant 5 ans.
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