Cela fait 3 ans que tu as été élu, que je pleurais comme une
madeleine, sous l’émotion, en t’écoutant à la télé. Tu parlais de la Concorde
et j’étais avec les copains à l’Aéro. Tu avais réussi un premier pari qui se
traduisait par l’éviction de Nicolas Sarkozy. Trois ans après, il n’y a plus la
télé dans le bistro et le discours du Bourget avec son élan gauchiste est loin
dernière nous. Tu avais fait un programme en 60 engagements dont un, de
rétablir les comptes, tablant sur une reprise de l’activité fin 2013, comme
tant d’économistes. C’est raté.
Nous sommes encore quelques-uns à te soutenir, dans les
blogs. Ta popularité est au plus bas, c’était l’objet d’un de mes billets d’hier.
Je citais les chiffres de TNS Sofres. La question posée est : « Faites-vous tout à fait confiance, plutôt confiance,
plutôt pas confiance ou pas du tout confiance à François Hollande pour résoudre
les problèmes qui se posent en France actuellement ? » Si on me posait
la question ainsi, je répondrais « non », sans hésiter, sauf si j’ai
envie de faire mentir les chiffres. Je répondrais d’ailleurs « non »
pour toute personnalité. Par contre, je répondrais immédiatement « oui »
si on me posait la question : « François
Hollande est-elle la meilleure personnalité pour présider la République dans
notre contexte ? » D’ailleurs, les sondages ne mentent pas.
Quand on pose la question « la droite [ou tout autre parti] ferait-elle
mieux ? » la réponse est non…
Le problème est qu’on ne peut pas se satisfaire de sondages…
surtout s’ils ne sont pas satisfaisants.
Bon ! Tu as manqué de bol dès le départ. On est très
peu à avoir compris le concept du « président normal »… Pour ma part,
ça ne me dérange pas que tu ailles voir ta copine en mobylette. D’ailleurs,
ceux qui critiquent ce genre de truc sont les premiers à admirer les pays comme
la Suède où le chef de l’Etat va au boulot en transports en commun. Après, il y
a eu les couacs, les affaires et tous les machins. Sans compter l’inversion de
la courbe que l’on attend toujours.
Je ne suis pas le seul à faire un billet d’anniversaire. Mon
confrère Sarkofrance
t’en souhaite un mauvais et je souhaite répondre à ses deux derniers
paragraphes.
« N’oubliez pas le projet
arc-en-ciel de 2007. Son souvenir m’empêche naturellement d’en vouloir aux
soutiens actuels (il y en a encore, si si) de François Hollande. Son souvenir
me rend mal à l’aise quand je lis la haine à l’œuvre dans certaines joutes politiques
à gauche.
Le Parti socialiste semble
devenu un lieu détestable. Je parle du parti, pas de ses militants ou
sympathisants. Une fraction des dirigeants socialistes (Monsieur 5% de la
primaire socialiste et quelques autres) n’en a plus rien à faire de sa gauche.
Or qu’est-ce que le PS sans la dizaine de pourcents de suffrages sur sa gauche
? Rien, absolument rien. Nada, un parti d’opposition durable, prochainement
marginalisé. »
J’adore l’arithmétique électorale. En 2007, Ségolène Royale
a fait 26% au premier tour et sa gauche 10. Elle a fait 46% au second tour.
Elle a donc récupéré 10 points sur sa droite et 10 points sur sa gauche. En
2012, la gauche était plus forte mais François Hollande a quand même du
gratouiller 8 points sur sa gauche. Aucun parti de gauche ne peut être
majoritaire tout seul. D’ailleurs, aux élections présidentielles, jamais le
pourcentage des voix des parties de gauche n’a atteint 50%.
On peut toujours prendre des chiffres, des phrases… Le
bilan, on le fera en 2017. On verra les promesses tenues. Celles non tenues.
Celles qu’il était évidemment impossibles de tenir comme la séparation des activités
des banques. Celles qu’on peut nier être tenues comme la renégociation des traités
européens, comme si une négociation devait forcément aboutir comme on le
voulait. Et comme si les électeurs votaient réellement pour ces conneries…
Alors, Pépère, bon
anniversaire !
J’ai voté pour toi lors de la primaire de 2011 parce qu’il
me semblait que tu étais le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy et tu l’as
battu. J’ai voté pour toi, aussi, parce que tu étais sur une ligne politique
que l’on qualifie de social-libérale, comme moi, et tu la mènes, même si des
électeurs qui ont voté pour toi ne le comprennent pas, ne l’admettent pas, qu’il
faut faire une politique pour tous les électeurs qui ont voté pour toi et pas
seulement pour les électeurs de la gauche de la gauche, les 10 ou 15%, qui ont
permis ton élection parce que ceux du centre ont voté pour toi aussi ce qui n’aurait
pas été le cas si ton programme avait été gauchiste, si tu n’avais pas promis
de réduire le déficit et tout ça.
Continue.
bobyé
RépondreSupprimerlu et partagé
les ceusses qui n'ont jamais tenu un mandat électif sont les seuls à dire que les politicards ne tiennent JAMAIS leurs promesses
RépondreSupprimerles élus font ce qu'ils peuvent avec les moyens et dans le contexte du moment
tout le reste n'est que littérature dirait Mr Goux
Je ne dirais certainement pas cela, dans la mesure où je place la littérature à des années lumière au-dessus de la politique. C'est la politique qui est du "reste" (pour ne pas dire la lie…).
SupprimerAssez d'accord avec ton point de vue globalement.
RépondreSupprimerLa seule chose que je lui reproche c'est de ne jamais avoir clairement annoncé la couleur, soit une politique sociale-libérale.
Nous aurions tous été capables de comprendre je pense.
Sinon, il est le moins mauvais à son poste...
merci pour la citation. J'ai pensé à toi en écrivant ce que tu as extrait. A la différence d'Estelle92, je pense qu'Hollande aurait perdu s'il avait annoncé cette couleur. Mais cela reste une trahison ET une absurdité.
RépondreSupprimerDésolé pas le temps de répondre à tout le monde. Mais je crois que Bob et Estelle sont d'accord avec moi et qu'Estelle voulait dire que pépere aurait dû annoncer la couleur en début de mandat. Et il aurait été élu s'il l'avait dit avant. Plus largement. Les gauchistes auraient voté pour lui pour virer Sarko. Mais il fallait assurer le premier tour, ce que n'a pas fait Jospin en 2002.
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